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vendredi 7 septembre 2012

Les trente ans de Guillos


C'est une belle trentenaire
Que nous célébrons aujourd'hui.
Elle a pour nom "La passagère",
Dès l'abord elle nous séduit.

Point de façade racoleuse,
En elle tout est harmonie.
Elle a une âme généreuse,
Qu'il est bon de vivre en ce nid!

Ce ne fut pas toujours le cas,
Celui qui la connut hier
Pas un seul instant ne songea
Que d'elle, un jour, on serait fier.

Sa large cheminée où cuisent
Gigots, poulets, selon l'humeur,
Par sa chaude présence aiguise
L'appétit de ses visiteurs.

Ses vastes pièces ont abrité
Adolescents, adultes, aïeuls,
Des enfants bruns, blonds, des bébés,
Et parfois même un épagneul.

Bien sûr il y eut les copains,
Parents, amis, quelque ouvrier,
Qui vinrent donner un coup de main
Sans même se faire prier.

Mais la lente métamorphose
De notre héroïne du jour
Est due à un travail sans pause,
Une belle histoire d'amour...

D'amour et de ténacité,
De Claude aidé de Bernadette.
Y pensez-vous, un peu, l'été,
Vous qui y vivez des jours de fête?

Félicitations, nos amis,
Pour cette fort noble aventure!
Vous ne faites les choses à demi,
C'est bien là votre signature.

Et pour les trente ans de Guillos,
Les "travailleurs" sont réunis,
Et de tout coeur portent ce toast :
"Prospérité à votre nid!"
J'aime la compagnie des mots


J'aime la compagnie des mots,
Elle m'est douce et familière.
Oui, je les aime tous ces mots
Dont je tiens l'amour de ma mère.

J'ai beau remonter dans le temps,
Ils sont là, ils en font partie,
Tricotés dans le fil des ans,
Ils sont musique et poésie.

Comme je plains ceux qui n'ont pas
Des oreilles pour les entendre,
Pour jouer, converser tout bas
Avec ces mots magiques et tendres.

J'aime la compagnie des mots,
Ils me sont aussi nécessaires
Que pour les acteurs les bravo.
Ils sont ma chance et ma lumière.
Nos quarante-cinq ans de mariage


Quarante-cinq ans de vie à deux,
Ca mérite bien un poème...
Ce passé est vertigineux
Où sont enfouis tous nos "je t'aime".

"Je t'aime" pas forcément dits :
Bouquets de fleurs, bouquets de mots,
Mais qu'on peut lire dans nos vies
Et qui pansèrent bien des mots.

Il y eut de merveilleux soleils :
Les naissances de nos petits,
Bonheurs à nulle autre pareils,
Et leur enfance en notre nid.

il y eut aussi de gros orages 
Qui mirent en danger le bateau,
Mais tu fus suffisamment sage 
Pour le maintenir à fleur d'eau.

Toi ma force, moi tes fêlures,
Mais inséparables pourtant.
Si longtemps que cela perdure,
Se renforçant au fil des ans...

Le chemin qui reste est bien court
A parcourir main dans la main...
Merci à Dieu pour tous ces jours,
Pour aujourd'hui et pour demain.
Le mirabellier


Pourquoi faut-il que la beauté
Soit rapidement altérée?
Il neige des pétales blancs
Emportés sous l'effet du vent.

Notre si beau mirabellier
Dans sa parure de mariée
Voit se défaire ses brassées
De fleurs blanches immaculées.

Bien sûr, viendront les fruits ensuite,
Charnus, sucrés, et qui, bien vite,
régaleront grands et petits,
Les merles et les moineaux aussi...

Mais n'empêche que, c'est bien vrai,
Mon mirabellier préféré
est celui que j'ai sous les yeux.
Il est beau, c'en est merveilleux.
Je me promène en mon jardin


Je me promène en mon jardin
Où viennent éclore tant de mots.
Je les cueille au petit matin,
Les choisissant sur leurs rameaux.

Il en est de doux, de suaves,
De ravissants, de mélodieux ;
Il en est de beaucoup plus graves,
Et d'autres carrément odieux.

Vers les premiers ma préférence
Se porte indiscutablement.
Je délaisse l'irrévérence,
Le pessimisme également.

Je les invite à mes poèmes,
Tantôt parcimonieusement,
De ligne en ligne je les sème,
Ou à profusion par moments.

Ils sont mes hôtes, mes amis,
Ceux sans qui j'aurais peine à vivre.
Ils sont bien douce thérapie,
Participent à mon équilibre.
La ville est endormie


La ville est endormie,
La chaleur la pénètre.
je l'observe, alanguie,
Derrière ma fenêtre.

Toute vie est partie,
le soleil, comme un four,
Cuit la ville assoupie,
Consumant ses atours.

Les feuilles altérées
Et l'herbe qui jaunit
Implorent une ondée,
La fraîcheur de la nuit.

La ville est endormie,
Le soleil en est maître,
Elle espère minuit,
Pouvoir enfin renaître.
La vie


Comme c'est bon la vie!
Un papillon qui vole,
L'abélia qui embaume,
Et toi qui me souris...

L'oiseau qui chante au loin,
Le regard d'un bambin,
Des fleurs en mon jardin,
Les senteurs du matin...

Un carillon qui sonne,
Un air d'accordéon,
La beauté du pardon,
Le croquant d'une pomme...

De beaux visages amis,
Des jeunes gens qui dansent,
des voix qui nous enchantent,
Comme c'est bon la vie!