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samedi 16 avril 2011

LE SABOTIER

IL aimait son village, encor plus son métier,
Il vivait chichement, il était sabotier.
Des étoiles dansaient dans le fond de ses yeux,
Amoureux de Garonne,comme il était heureux!

Dans le coeur du village où tous le respectaient,
Il faisait bel ouvrage et en tirait fierté.
Durant sa longue vie il ne prit de vacances,
S'accordant un repos seulement le dimanche.

Son métier l'enchantait; on le voyait courbé
Sur ses billots de bois à longueur de journée.
Il façonnait sans trêve avec ses mains habiles
Des sabots pour les champs, et d'autres pour la ville.

Il travaillait sans hâte mais avec précision,
Avançant son ouvrage au seuil de sa maison.
Il y apportait grand soin et prenait du plaisir
Pour satisfaire au mieux des clients les désirs.

Il faisait des sabots simples et confortables,
Mais aussi de gracieux pour fillettes et dames
Qu'il sculptait de fleurettes et de galons jolis,
Et puis de ravissants pour les pieds des petits.

Tout en les vernissant,il "se les admirait".
Son dos, souvent voûté, alors se redressait.
Il mettait tant d'amour dans chacune des paires
Qu'il eût voulu payer chaque récipiendaire.

En début de journée, il passait un moment
Tout auprès de Garonne, avec des yeux d'amant.
Conscient de sa beauté, il la gardait en lui,
Cet homme simple et sage en était ébloui.

Le soir, il promenait sur le pont suspendu
Son regard de poète en ses rêves perdu...
Ne cherchez plus cet homme, amis qui me lisez
Ni le pont suspendu,ne les retrouverez...

Le premier s'en alla de par la loi des ans,
Le  second fut détruit, "il coûtait de l'argent".
Mais quand vous passerez dons ce petit village
Ayez une pensée pour ces deux "personnages".

Car ils firent partie, durant des décennies,
De l'âme de ce coin de campagne béni
Où les gens étaient riches de travail et d'honneur,
Où l'entraide était grande, c'était là leur bonheur.

LA PASSAGERE

Elle a pour nom "La Passagère"
Cette maison aux murs discrets
Dont le merveilleux charme opère
Et touche nos coeurs en secret.

Les vastes pièces où voisinent
Les meubles hérités du passé,
Vaisselle et linge emmagasinent,
Rideaux fraîchement repassés.

Il se dégage de l'ensemble
Une douce et chaude harmonie.
A nulle autre elle ne ressemble,
On ne se lasse d'un tel nid.

Tout ici a été pensé
Avec infiniment de goût.
Que d' heures de travail passées
A mettre en valeur ses atouts!

Adultes, enfants en ribambelles
S'abreuvent à son coeur généreux.
Comme les vacances y sont belles!
Qu'on y vit bien, qu'on y est heureux!

Son parc où vivent pins et chênes
Ajoute encore un autre attrait
A cette cure d'oxygène
Dans la campagne aux larges prés.

Bravo pour votre "Passagère",
Pour ce que vous en avez fait.
Qu'en elle le Bonheur prospère
Comme dans les contes de fées.

jeudi 14 avril 2011

TON BOUQUET

Ô comme il est joili ce bouquet printanier
Que tu as gentiment disposé sur la table !
Tout en lui est fraîcheur, délicate beauté,
Courbes harmonieuses, tout en lui est aimable.

Les tiges frêles où sont tant de fleurettes
Si blanches, si petites et si bien disposées
Ont la perfection et l'extrême souplesse
Des mouvements si purs de ces danseurs doués.

Des branches de prunus mêlent leur touche rose
A ce feu d'artifice de blanc immaculé.
Leurs fleurs plus rares, mais largement écloses,
Ajoutent encore à sa douce rusticité.


PETIT MOINEAU

Soudain, Petit Moineau est venu sous la pluie
Picorer les miettes jetées là, aujourd'hui.
Pour lui , au moins, point n'est besoin de parapluie!
Se riant de l'averse, il sautille, léger,
Egayant à lui seul de sa vivacité
Tout ' la mélancolie du jardin dépouillé
Et la triste chanson de ces gouttes de pluie.
Mais un geste un peu brusque, hop, il s'est envolé!
Dis, moineau sautillant, pêtit piaf éveillé,
Reviens me voir souvent, et tes frères aussi;
Mène le rouge-gorge et puis le merle, ô oui ,
Et surtout dis leur bien que je suis une amie,
Que jamais ils n'auront à craindre ici la cage
Ni le fusil, ni autres armes qui saccagent
Tant de beauté, et leur volent leurs frêles vies.

COMME C'EST BON .

Comme c'est bon d'avoir le temps!
Le temps de voir passer le temps,
D'écouter le tic-tac du carillon,perdu
Dans les bruits familiers, qu'on n'entend  même plus,
De laisser son regard errer dans le jardin
Où sur le vert tapis s'égaient dans le matin
Le rose géranium, la framboise poupine,
Le vigoureux souci, la rustique églantine,
Les lupins mauves et puis...quelques laitues,
Et des pruniers couverts de fruits.Que désirer de plus ?
Comme c'est bon d'avoir le temps,
Le temps d'écouter ses enfants
Parler des prof, de leurs problèmres,
Des chanteurs, de tout ce qu'ils aiment,
Et le temps de les accueillir....
On n'a pas le temps de vieillir!

mardi 12 avril 2011

MON AMIE PEINTRE

J'ai reçu en cadeau ta voix ensoleillée
Où se mêlent émotion, passion, fragilité.
Tes questions papillonnent autour de mon vécu...
Et toi,ma chère amie, toi-même, où en es-tu?

Tu fourmilles d'idées, de projets et de vie, 
Dispensant ton bonheur, tes rires à l'envi;
T'exprimant pleinement du matin jusqu'au soir,
Tu mets de la couleur où il y avait du noir.

Ou bien, parfois, vidée, harassée, chancelante
Sous le joug outrancier de ta muse exigeante,
Tu vas te "mettre au vert" à ce que  tu me dis,
Non loin, à la campagne, chez de précieux amis.

"Désormais, je serai raisonnable, il le faut"...
Ta vie d'artiste ayant bien sûr quelques défauts,
Tu oublies ta promesse et renoues non sans joie
Avec un quotidien fantaisiste, je crois...

Plus tu vas de l'avant et plus tu t'émerveilles
De la beauté des toiles  que tes mains ensoleillent,
Mais tu n'as toujours pas fini par accepter
Que chaque humain n'ait pas ta générosité.

Et  donc ton Roméo? Une lame de fond
S'est muée, à regret, en paisible lagon;
Chacun retrouve l'autre avec un grand plaisir,
Et l'amitié a pris la place du désir.

Ton quotidien est riche de bien des émotions,
Tu effeuilles ta vie, portée par ta passion,
Attachante à l'extrême tu t'en vas vers demain,
Tu quitteras la vie un pinceau à la main.

jeudi 7 avril 2011

MON JARDIN DES RIMES

Cela fait plus de trente années
Que tu recueilles dans tes pages
Mon vieux confident, mon carnet,
Tout ce qu'avec toi je partage.

C'est bien une tranche de vie
Qui se dévoile au fil des mots:
Nuages bleus, nuages gris,
Par touches, comme en un tableau.

On y trouve mes états d'âme,
Et ma famille et mes amis,
Mes grands bonheurs, mes petits drames
Qui font la trame d'une vie.

Un pan de mon passé défile
Dès l'enfance de nos garçons.
Je nous revois comme en un film
Dans notre petite maison.

Tout comme un pont entre deux rives
Tu as su faire la jonction
Entre ma jeunesse et mes rides....
Quand je te lis, quelle émotion!

Merci à toi, précieux carnet
Qui as si bien guidé ma plume
Au long des mois et des années,
Pas de sitôt ne te consumes!

PRINTEMPS

Dame Nature se fait belle
En ce tout début de printemps,
Offrant des fleurs en ribambelles
Aux tons pastel ou éclatants.

Le jardin sort de son sommeil
Tout doucement au fil des jours,
Des couleurs ponctuent son réveil,
Le prunus revêt ses atours.

Le soleil joue à cache-cache
Entre nuages et giboulées,
Les primevères font des taches
Si douces le long des allées.

Les narcisses et les jonquilles
Rivalisent de joliesse.
Leur parfum, le soleil qui brille
Ajoutent à la nature en liesse.

Les forsythias dardent leurs flammes
Au jaune ardent, d'un air altier.
Les pensées, souriantes dames,
Arborent leur féminité.

Les jeunes feuilles, d'un vert tendre,
S'activent à fournir la coiffure
Des arbres, impatients d'attendre
Leur combien seyante parure.

Dame Nature se fait belle
En ce tout début de printemps
Pour allumer des étincelles
Aux yeux ravis de ses amants.


LE VIEUX ET SON CHIEN

S'il était le plus laid
De tous les chiens du monde,
Je l'aimerais encore
A cause de ses yeux.

Si j'étais le plus laid
De tous les vieux du monde,
L'amour luirait encore
Dans le fond de ses yeux.

Et nous serions tous deux,
Lui si laid, moi si vieux,
Un peu moins seuls au monde,
A cause de ses yeux.

Pierre Menanteau

lundi 4 avril 2011

JE VOUDRAIS ARRETER LE TEMPS

Je voudrais arrêter le temps
Pour cheminer à tes côtés,
Alors qu'il est encore temps
Cueillir les fruits de notre été.

J'aimerais arrêter le temps,
Admirer les regards d'enfants,
Y chauffer nos frileux printemps,
Offrir notre aide plus souvent.

Je voudrais arrêter le temps,
Marcher encor dans mon jardin,
Et savourer de temps en temps
Légumes et fruits de notre Eden.

J'aimerais arrêter le temps,
J'ai beaucoup trop de rêves à vivre
Alors qu'il est encore temps ,
Avant d'atteindre l'autre rive.

Je voudrais arrêter le temps....


dimanche 3 avril 2011

MON PETIT JARDIN

Il était un petit jardin
Au chemin de mes promenades
Où poussaient fleurs, thym,lavandin
Des giroflées et des salades.

Je l'aimais ce petit jardin,
Et sa tonnelle et sa cabane
Entre deux logis citadins
Lui donnaient un air de campagne.

Il était tenu avec soin
Ce petit jardin aux fragrances,
Parmi les bâtiments voisins
Il faisait de la résistance.

Et c'était bon d'y voir souvent
Un arrosoir ou une bêche ,
Un coquelet, plumes au vent ,
Un lapin nain sur l'herbe fraîche.

Las! Un jour, plus de jardinet
Mais un pavillon à sa place
S'offre à mon oeil très étonné.
Que de regrets! Mon coeur se glace...

Pourquoi n'a-t-on su conserver,
Pour bâtir encor et sans trêve,
Ce lopin de terre où poussaient
En plus des giroflées, mes rêves.

Il me permettait de partir
Au grand jardin de mon enfance
Où, parmi tant de souvenirs,
ILest, dans sa magnificence.