Qu'elle était belle ma maison
Avec son immense jardin,
Protégée au fil des saisons
Par un prodigieux magicien...
Qu'elle était chaude ma maison!
Toujours nous y étions accueillies,
Et dès le seuil nous déposions
Nos inquiétudes , nos soucis.
Comme elle vivait ma maison
Quand nous chantions avec mes soeurs,
Lorsque nos gammes à l'unisson
Disaient si bien notre bonheur.
Qu'elle était douce ma maison
Et ses brassées de fleurs coupées .
Comme les lilas sentaient bon !
Les repas sous le vieux poirier...
Las ! elle n'est plus, ma maison,
Un immeuble l'a remplacée.
J'ai cru en perdre la raison,
Et son âme s'en est allée.
Mais elle est en moi ma maison.
Dans mon coeur , rien n'est oublié:
Les lilas qui sentaient si bon,
Les chansons, et le vieux poirier.